Les extractions douces

Les extractions douces

Les extractions douces - le secret des vins élégants

On parle souvent du terroir, du cépage ou de l'élevage d'un vin. Pourtant, une étape essentielle de la vinification influence fortement le style d'un vin rouge : l'extraction.

C'est elle qui va déterminer en grande partie la couleur, la structure et la finesse des tanins. Depuis quelques années, de nombreux vignerons privilégient les extractions douces afin d'élaborer des vins plus élégants et plus digestes. Mais en quoi consiste exactement cette technique ?

La mise en cuve

Au moment des vendanges, les grappes de raisin sont généralement égrappées : les baies sont séparées de la rafle, qui sera le plus souvent valorisée en compost ou en engrais.

Les raisins sont ensuite placés dans une cuve. Sous leur propre poids, les baies situées au fond éclatent progressivement et libèrent leur jus. La fermentation débute alors naturellement.

Sous l'effet du gaz carbonique produit pendant cette fermentation, les peaux, une partie des pépins et parfois les rafles remontent à la surface. Elles forment une couche compacte appelée le chapeau de marc.

Les extractions

La couleur d'un vin rouge ne provient pas du jus du raisin, qui est presque toujours incolore. Elle est contenue dans la peau des raisins noirs, tout comme une grande partie des tanins.

Pour extraire cette matière, il faut remettre le jus en contact avec le chapeau de marc.

La technique la plus courante est le remontage : le jus est prélevé au fond de la cuve puis délicatement reversé sur le dessus du chapeau. En traversant lentement les peaux, il se charge en couleur, en tanins et en composés aromatiques.

Il existe également d'autres techniques d'extraction, comme le pigeage ou le délestage, mais le remontage reste aujourd'hui la méthode la plus utilisée.

Pourquoi est-ce une étape si délicate ?

Tout est une question d'équilibre.

Si les extractions sont insuffisantes, le vin sera peu coloré, léger et parfois un peu maigre.

À l'inverse, des extractions trop importantes peuvent produire des vins très puissants, mais aussi des tanins durs, asséchants et parfois amers.

C'est souvent à ce stade que le talent du vigneron fait la différence. Il doit adapter ses extractions en fonction du cépage, de la maturité du raisin et du style de vin recherché.

Mais qu'appelle-t-on une extraction douce ?

Lors d'un remontage classique, une pompe peut envoyer une grande quantité de jus sur le chapeau. Si le débit est trop important, le jus creuse des passages préférentiels dans la matière végétale. Une partie seulement du chapeau est alors réellement traversée, tandis que les peaux peuvent être davantage malmenées.

L'extraction douce consiste au contraire à limiter les contraintes mécaniques. Le jus est envoyé lentement, avec un débit plus faible, afin qu'il imprègne progressivement l'ensemble du chapeau, un peu comme une infusion de thé. L'objectif est de préserver les peaux, d'éviter une extraction excessive des tanins des pépins et de favoriser une extraction plus harmonieuse des composés du raisin.

Certains vignerons vont encore plus loin en limitant fortement les remontages. On parle alors de vinification par infusion, car les matières solides restent simplement au contact du jus, qui s'enrichit progressivement sans intervention brutale.

Quelle différence retrouve-t-on dans le verre ?

Les extractions douces ne cherchent pas à produire des vins moins concentrés, mais des vins plus raffinés.

On obtient généralement des vins où le fruit est plus éclatant, les tanins plus soyeux et la texture plus élégante. La fraîcheur est souvent mieux préservée et le vin gagne en finesse sans perdre sa capacité de garde lorsque le cépage s'y prête.

Quels domaines pratiquent cette méthode ?

Les extractions douces se sont d'abord développées dans des régions où les cépages sont naturellement riches en tanins, comme le Madiran, le Cahors ou l'Irouléguy.

Parmi les domaines que nous avons particulièrement appréciés, on peut citer le Domaine Bordaxuria à Irouléguy, le Domaine Cosse-Maisonneuve à Cahors ou encore le Domaine Labranche-Laffont en Madiran.

Aujourd'hui, cette philosophie s'étend à de nombreuses régions viticoles. Elle est notamment très utilisée avec le Grenache, cépage naturellement généreux, afin de produire des vins plus fins et plus digestes. C'est le cas, par exemple, du Clos des Serres en Terrasses du Larzac ou du Domaine des Lauzières en Baux-de-Provence.

Une évolution du goût des amateurs

Pendant longtemps, les vins les plus recherchés étaient souvent les plus puissants, les plus colorés et les plus concentrés.

Aujourd'hui, de nombreux vignerons privilégient une autre approche : rechercher davantage la finesse, l'élégance, la fraîcheur et la buvabilité. Les extractions douces sont devenues l'un des principaux outils pour atteindre cet équilibre.

Comme souvent dans le vin, il n'existe pas de méthode universelle. Une extraction douce ne garantit pas à elle seule un grand vin, mais lorsqu'elle est parfaitement maîtrisée, elle permet de révéler toute la personnalité du raisin et du terroir, avec des tanins plus délicats et une expression du fruit souvent plus pure.

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Les extractions douces
La vinification des vins nouveaux

La vinification des vins nouveaux

La vinification des vins nouveaux

La vinification des vins nouveaux

La base de la vinification : la fermentation alcoolique

La vinification repose avant tout sur un phénomène naturel : la fermentation alcoolique. Les sucres contenus dans le raisin sont transformés en alcool sous l’action des levures.

Pour que cette fermentation démarre, les levures doivent être en contact avec les sucres du raisin. C’est pourquoi, dans de nombreuses vinifications, les raisins sont foulés ou macérés afin de libérer la pulpe et faciliter l’accès aux sucres.


Le vin nouveau et la macération carbonique

Le vin nouveau est élaboré selon une méthode particulière appelée macération carbonique.

L’objectif n’est pas de favoriser immédiatement l’action des levures, mais au contraire de permettre un autre type de transformation à l’intérieur même des baies de raisin.

Pour cela, deux conditions essentielles doivent être réunies :

1. Récolter des grappes entières et intactes

Les raisins doivent être vendangés avec soin, afin de préserver les grappes entières.
Si les baies sont abîmées ou détachées, les sucres sont exposés à l’air et les levures peuvent entrer en action trop tôt.

2. Remplir une cuve saturée en gaz carbonique

Les grappes entières sont placées dans une cuve fermée, dans laquelle l’oxygène est remplacé par du gaz carbonique (CO₂).
Dans cet environnement sans oxygène, les baies entières commencent à fermenter de manière intracellulaire.


La fermentation intracellulaire

En absence d’oxygène, les enzymes naturellement présentes dans la baie déclenchent une transformation interne : une partie des sucres est convertie en alcool, tandis que de nombreux composés aromatiques se développent.

Ce processus reste partiel : la fermentation est ensuite complétée lors de la vinification classique après pressurage.

C’est cette étape qui donne aux vins issus de la macération carbonique leur profil aromatique si particulier, très marqué par les fruits frais.


Les arômes caractéristiques du vin nouveau

La macération carbonique favorise la formation de composés aromatiques spécifiques, notamment l’acétate d’isoamyle.

Ce composé est responsable des notes typiques de banane, souvent associées aux vins nouveaux. On retrouve également des arômes de fraise, de bonbon et de fruits rouges très mûrs.

Ces vins sont généralement :

  • très fruités,
  • souples,
  • et faciles à boire dès leur mise en marché.

Pourquoi le goût varie-t-il selon les années ?

L’intensité aromatique dépend de plusieurs facteurs :

  • la qualité sanitaire des raisins,
  • la proportion de grappes intactes,
  • la maturité du raisin,
  • les conditions de fermentation,
  • et la durée de macération carbonique.

Lorsque les raisins sont très sains et bien triés, la fermentation intracellulaire est plus homogène et les arômes fruités sont plus marqués.


Le vin nouveau est-il un vin bon marché ?

Contrairement à une idée reçue, produire un vin nouveau de qualité demande un travail important :

  • vendanges souvent manuelles pour préserver les grappes,
  • tri rigoureux des raisins,
  • cuverie adaptée permettant de travailler en grappes entières.

Ces exigences techniques peuvent représenter un coût significatif, qui se retrouve parfois dans le prix final de la bouteille.


La macération carbonique aujourd’hui

À l’origine associée aux vins nouveaux, la macération carbonique est aujourd’hui utilisée dans de nombreuses régions et pour différents styles de vin.

Elle permet de produire des vins très fruités et accessibles rapidement.

On la retrouve notamment :

  • en vinification partielle (une partie de la cuve seulement),
  • ou en assemblage avec des vinifications classiques afin d’apporter du fruit et de la souplesse.

Conclusion

La macération carbonique n’est pas seulement une méthode liée au vin nouveau : c’est un véritable outil de vinification moderne.

Elle permet d’exprimer autrement le raisin, en mettant en avant le fruit, la gourmandise et la fraîcheur, parfois au détriment de la structure tannique, mais toujours avec une signature aromatique très identifiable.

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La vinification des vins nouveaux
levures indigènes

levures indigènes

La vie secrète des levures ou Tout savoir sur les levures indigènes!

La base de la vinification est la transformation du sucre du raisin en alcool. Cette transformation est réalisée par les levures. Certains vignerons mettent en avant une vinification à base de levures indigènes. Mais qu'est-ce qu'une levure indigène ? Et leur utilisation apporte-t-elle réellement un plus au vin ? Voici quelques éléments pour mieux comprendre.

Qu'est-ce qu'une levure ?

Une levure est un micro-organisme appartenant à la famille des champignons. Invisible à l'œil nu, elle mesure seulement quelques microns.

Les levures sont naturellement présentes dans l'environnement du vignoble : sur les sols, les ceps, les feuilles, les grappes de raisin, mais aussi transportées par le vent ou les insectes. À l'approche des vendanges, elles colonisent naturellement les baies de raisin.

On appelle levures indigènes celles qui sont naturellement présentes dans le vignoble et sur les raisins du domaine. À l'inverse, les levures sélectionnées (ou industrielles) sont cultivées par des laboratoires spécialisés puis ajoutées par le vigneron au moment de la fermentation.

Quel est le rôle de la levure ?

Le rôle principal de la levure est de transformer le sucre du raisin en alcool (éthanol) tout en produisant du dioxyde de carbone. C'est ce phénomène naturel que l'on appelle la fermentation alcoolique.

Au passage, les levures produisent également de nombreux composés aromatiques qui participent à la personnalité du vin.

Existe-t-il plusieurs types de levures ?

La société des levures ressemble un peu à celle des hommes ! Pour simplifier, on peut distinguer trois grandes familles.

Les travailleuses

Ce sont les levures les plus efficaces. Elles transforment la majeure partie du sucre en alcool tout en produisant des arômes intéressants. Ce sont elles que recherchent les vignerons.

Les coquines

Elles utilisent davantage le sucre pour se multiplier que pour produire de l'alcool. Si elles deviennent majoritaires, elles peuvent conduire à des vins plus légers et à des fermentations moins efficaces.

Les méchantes

Certaines levures ou autres micro-organismes peuvent produire des défauts aromatiques. Les plus connues sont les Brettanomyces (ou « Brets »), qui peuvent apporter des odeurs d'écurie, de cuir ou parfois de souris. À faible dose, certains amateurs les tolèrent, mais lorsqu'elles deviennent envahissantes, elles masquent le fruit du vin.

Quels sont les avantages des levures indigènes ?

1. Elles participent à l'identité du vin

Les levures indigènes sont propres à chaque domaine et à son environnement. De nombreux vignerons estiment qu'elles contribuent à mieux exprimer la personnalité du terroir et à produire des vins plus singuliers. Même si leur rôle exact fait encore l'objet de recherches, cette idée est aujourd'hui de plus en plus reconnue.

2. Elles témoignent d'un vignoble vivant

La présence d'une flore microbienne riche est souvent le signe d'un vignoble respectueux de son environnement. Une utilisation intensive de certains produits phytosanitaires peut réduire cette biodiversité, même si elle ne fait pas totalement disparaître les levures indigènes. Les domaines travaillant en agriculture biologique ou avec une viticulture raisonnée disposent souvent d'une flore plus diversifiée.

Quels sont les avantages des levures sélectionnées ?

1. Elles simplifient le travail du vigneron

Le vigneron n'a pas besoin de préparer un pied de cuve plusieurs jours avant les vendanges. Cette opération consiste à récolter une petite quantité de raisins en avance afin de multiplier naturellement les levures qui serviront ensuite à ensemencer les cuves. C'est une étape délicate qui demande du temps et de l'expérience.

2. Elles permettent de choisir le profil recherché

Les levures sélectionnées sont choisies pour leurs qualités : elles assurent une fermentation régulière, résistent à l'alcool et aux variations de température, produisent peu de défauts et peuvent même favoriser certains profils aromatiques.

3. Elles sécurisent la fermentation

Certaines levures sélectionnées possèdent naturellement un caractère appelé « killer ». Celui-ci leur permet de prendre rapidement le dessus sur d'autres levures présentes dans le moût. Le risque de voir apparaître des micro-organismes indésirables est ainsi limité, ce qui rend la fermentation plus fiable.

Alors, faut-il privilégier les vins élaborés avec des levures indigènes ?

La réponse est loin d'être simple.

Vinifier avec des levures indigènes demande une excellente maîtrise technique. Le vigneron doit accompagner une flore naturellement présente, avec toutes les qualités... mais aussi les aléas qu'elle peut comporter.

Lorsque cette méthode est parfaitement maîtrisée, elle permet souvent d'obtenir des vins très originaux, avec une forte personnalité et une belle expression du terroir.

En revanche, une fermentation mal conduite peut conduire à des vins déséquilibrés ou présentant certains défauts aromatiques.

À l'inverse, les levures sélectionnées offrent davantage de sécurité et de régularité. Elles permettent de produire des vins très qualitatifs tout en limitant les risques de fermentation.

Au final, la qualité d'un vin dépend bien davantage du savoir-faire du vigneron que du seul choix des levures. Les deux approches peuvent donner d'excellents résultats lorsqu'elles sont utilisées avec compétence.

Notre conseil est donc simple : ne vous arrêtez pas uniquement à la mention « levures indigènes ». Faites confiance aux vignerons sérieux, goûtez lorsque c'est possible et laissez surtout votre palais être le meilleur des juges !

Pour aller plus loin dans la compréhension, je vous conseille ce site.

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